Bulletins Concentré de recherche

Les bulletins Concentré de recherche ont pour objectif de fournir des résumés clairs des résultats et des retombées des études menées à la Société canadienne du sang. Rédigés par nos chercheurs, en collaboration avec notre équipe de mobilisation des connaissances, ils permettent de vulgariser les résultats de ces études et ainsi permettre une prise de décisions éclairée. 

Quel est l’objet de cette étude?

La thrombocytopénie thrombotique immunitaire induite par le vaccin (TTIV) est un nouveau trouble rare de la coagulation associé à l’administration de vaccins à vecteur adénoviral contre la COVID-19 (p. ex. ChAdOx1 nCoV-19, AstraZeneca). La TTIV engendre une thrombocytopénie (faible taux de plaquettes) modérée à sévère associée à une thrombose (formation de caillots sanguins) qui est similaire à la réponse observée chez les patients présentant une thrombocytopénie induite par l’héparine (TIH).

La TIH survient lorsque les anticorps immunoglobulines G (IgG) reconnaissent de nouveaux épitopes (sites de liaison des anticorps) exposés après la liaison de l’héparine à une protéine plaquettaire appelée « facteur plaquettaire 4 » (PF4). Les anticorps liés au complexe PF4-héparine forment alors un complexe immunitaire qui active les plaquettes (en se liant à un récepteur plaquettaire appelé « FcgRIIa ») et favorise la formation de caillots. L’une des théories est que la TTIV présente une physiopathologie similaire à la TIH, mais sans dépendance à l’héparine. Cette étude vise à mieux comprendre le mécanisme en jeu dans la formation de caillots observée chez les patients atteints de TTIV.

Quel est l’objet de cette étude?

Le plasma de convalescents (plasma provenant de personnes qui se sont rétablies d’une infection) a déjà été utilisé par le passé pour traiter différentes maladies, y compris la grippe ou des infections par le SARS-CoV-1 et le MERS-CoV. Au début de la pandémie de COVID-19, le plasma de convalescents, c’est-à-dire de personnes s’étant rétablies de la COVID-19, constituait l’un des traitements à base d’anticorps envisageables pour les patients. Cependant, à l’époque, on ne disposait pas de données probantes suffisantes concernant l’innocuité et les risques du plasma de convalescents de la COVID-19 (PCC). En mai 2020, l’essai CONCOR-1 a été conçu en vue d’explorer le PCC comme possible traitement pour les patients atteints de la COVID-19. Cet essai clinique international mené par une équipe canadienne a comparé le plasma de convalescents et la norme de soins pour des patients adultes hospitalisés atteints d’une forme respiratoire aiguë de la COVID-19 nécessitant une oxygénothérapie.

Quel est l’objet de cette étude?

La transfusion de plaquettes est un aspect essentiel et très courant des soins de soutien aux enfants atteints de cancer. Les études existantes suggèrent que 52 % de tous les enfants atteints de cancer recevront une transfusion de plaquettes pendant le traitement. Une grande partie de la pratique de la transfusion de plaquettes chez les enfants est fondée sur des études menées chez les adultes, bien que les enfants puissent présenter un risque plus élevé de saignement et de préjudice accru par rapport aux adultes. On manque de données sur la fréquence des transfusions chez les enfants, sur le niveau de numération plaquettaire à atteindre avant qu’un médecin n’ordonne une transfusion (seuils prétransfusionnels), sur la réponse normale à la transfusion, mesurée par la variation de la numération plaquettaire (paliers post-transfusionnels), et sur le taux de l’état réfractaire à la transfusion des plaquettes (ERTP). L’ERTP, généralement défini comme l’incapacité répétée d’obtenir des réponses satisfaisantes aux transfusions de plaquettes, peut être dû à des causes immunitaires (par exemple, la présence d’anticorps contre des antigènes plaquettaires qui ne se trouvent pas sur les plaquettes de l’enfant) ou non immunitaires (par exemple, une infection) et peut être associé à des résultats néfastes comme un risque accru de saignement.

Les objectifs de cette étude consistaient à : (1) décrire la pratique de la transfusion plaquettaire chez les enfants atteints de tumeurs malignes; (2) déterminer l’incrément plaquettaire normal après une transfusion plaquettaire et, (3) évaluer le taux de l’ERTP (incrément plaquettaire ≤ 10 x 109/l après deux transfusions plaquettaires consécutives ou plus).

Quel est l’objet de cette étude?

Pendant une chirurgie cardiaque, il se peut que le système de coagulation (capacité de faire des caillots sanguins) du patient soit perturbé. Cette situation provoque alors un saignement excessif. Pour prendre en charge le saignement et améliorer la coagulation chez ces patients, il faut reconstituer le niveau de thrombine, une enzyme qui contribue à la formation des caillots.

Un certain nombre de facteurs de coagulation doivent être présents dans le sang pour améliorer la production de thrombine. Le plasma congelé, qui contient des facteurs de coagulation, est utilisé au Canada pour traiter la formation de caillots chez les patients cardiaques malgré l’absence de données étayant son efficacité et le risque de réactions transfusionnelles indésirables, particulièrement une défaillance cardiaque. Les concentrés de complexe prothrombique (CCP), qui contiennent certains facteurs de coagulation, pourraient constituer une solution de rechange au plasma congelé dans la prise en charge du saignement. Les CCP présentent plusieurs avantages, puisqu’ils évitent d’avoir à apparier les groupes sanguins, sont offerts dans de plus petits volumes (risque plus faible de réactions transfusionnelles indésirables) et ont été soumis à une réduction des pathogènes (plus faible risque d’infections attribuables à la transfusion). Cependant, les CCP ne contiennent pas tout l’éventail des facteurs procoagulants et anticoagulants que l’on retrouve dans le plasma congelé et peuvent comporter un risque de thrombose plus élevé.

Une étude pilote chez les patients hémorragiques ayant subi une chirurgie cardiaque a été menée dans le but de comparer le CCP et le plasma congelé pour ce qui est de l’innocuité et de la prise en charge du saignement et dans le but d’évaluer la faisabilité d’un essai plus vaste.

Quel est l’objet de cette étude?

Toutes les disciplines médicales ont recours aux transfusions de sang pour sauver des vies. Dans les banques de sang des hôpitaux, la gestion de l’approvisionnement en globules rouges présente plusieurs défis en raison des décisions de commande très variables et des commandes urgentes trop fréquentes. Pour contrer le problème de la variabilité, les hôpitaux choisissent souvent de stocker de trop grandes quantités de produits, ce qui accroît le risque de gaspillage. De plus, une telle méthode de gestion empêche la Société canadienne du sang, le fabricant des produits sanguins, de bien comprendre les besoins réels en matière de globules rouges.

Malgré plusieurs initiatives de réduction du gaspillage de sang, les pratiques hospitalières actuelles n’offrent pas la souplesse nécessaire pour permettre aux établissements de s’adapter aux variations marquées dans l’offre et la demande des produits. Par exemple, en Ontario, au cours des trois dernières années, on a jeté plus de 5 000 unités de globules rouges périmées. La présente étude propose une méthode plus précise et plus efficace pour gérer l’offre et la demande de sang par l’amélioration des prévisions et des méthodes de gestion des stocks de globules rouges.

Quel est l’objet de cette étude?

Les patients atteints de thrombocytopénie immunitaire (TPI) ont une faible numération plaquettaire, ce qui accroît leur risque d’hémorragie. Des traitements existent pour renforcer la numération plaquettaire chez les patients atteints de TPI. Ce type d’intervention s’avère crucial dans les situations pouvant entraîner des hémorragies, notamment lors de chirurgies effractives. En outre, les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) sont largement utilisées pour augmenter la numération plaquettaire avant qu’une chirurgie n’ait lieu chez un patient atteint de TPI. Il existe également d’autres options de traitement, dont des corticostéroïdes et de l’eltrombopag (médicament par voie orale stimulant la production de plaquettes). Cependant, en plus des points à considérer avant de choisir le traitement à apporter, il manque de données pour pouvoir déterminer si l’eltrombopag est égal ou supérieur aux IgIV en tant que traitement périopératoire.

Les IgIV consistent en un concentré de protéines, plus précisément d’anticorps, extrait de plasma. Toutefois, les IgIV sont un produit sanguin coûteux en quantité limitée et déclenchent parfois des effets secondaires tels que des réactions allergiques, des céphalées et de l’hémolyse. Quant aux corticostéroïdes, il serait judicieux de les éviter avant les interventions chirurgicales, car ils peuvent nuire à la guérison des plaies. En ce qui concerne l’eltrombopag, il comporte des risques de thrombose et de toxicité pour le foie.

L’étude compare l’utilisation de l’eltrombopag et des IgIV chez les patients atteints de TPI avant et après une opération chirurgicale. À ce jour, il s’agit du seul essai clinique randomisé au cours duquel on a analysé les traitements périopératoires chez les patients atteints de TPI.