Comment un nouveau-né peut sauver une vie


Nos partenaires savent qu’il y a toujours un moyen de soutenir la chaîne de vie du Canada. Par exemple, on peut donner du sang, s’inscrire au registre national de donneurs de cellules souches, s’inscrire comme donneur potentiel d’organes et de tissus ou faire des dons d’argent ponctuels ou récurrents.

Elaine O’Keeffe travaille à RBC Gestion mondiale d’actifs, à Vancouver, en Colombie-Britannique, et depuis mars 2018, elle est responsable du programme Partenaires pour la vie au sein de son organisation.

Au cours des dernières années, elle a sensibilisé ses collègues au besoin de sang et a organisé des dons de groupe pour eux. Toutefois, sa participation à la chaîne de vie du Canada n’a pas débuté comme elle l’avait prévu.

Il y a environ cinq ans, Elaine s’est rendue à une collecte de sang pour la première fois. « J’étais à la fois emballée et très intriguée par tout le processus. J’ai fait le test d’hémoglobine et mon taux était bon. J’ai ensuite rempli les documents nécessaires et j’étais prête pour le début d’une formidable tradition de don de sang », raconte-t-elle.

Hélas, pendant la sélection, Elaine a appris qu’elle ne pouvait pas donner de sang au Canada à cause des risques associés à la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), la version humaine de la maladie de la vache folle.

À la Société canadienne du sang, notre priorité absolue est la sécurité de l’approvisionnement en sang du Canada. Ainsi, pour diverses raisons — toutes fondées sur des facteurs de risque scientifiques — beaucoup de gens et de groupes ne sont pas admissibles au don de sang.

Née en Irlande, Elaine a passé plusieurs années de sa vie dans cette région du monde où l’on a recensé des cas de la vMCJ. Malheureusement, il n’existe aucun test de dépistage de cette maladie transmissible par transfusion sanguine dont la période d’incubation est inconnue.

« Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’étais déçue », se souvient-elle.

Plusieurs mois plus tard, Elaine a appris par une collègue que le bureau était à la recherche d’un ambassadeur pour la Société canadienne du sang.

« J’ai su immédiatement que j’étais celle qu’il fallait, parce que même si je ne pouvais pas donner de sang, je comprenais que c’était un geste important. J’ai senti que ce rôle était ma vocation. »

Même si son parcours pour devenir une ambassadrice de la chaîne de vie du Canada avait commencé par un revers inattendu, Elaine avait le désir d’aider et cela lui a donné envie de trouver de nouvelles façons d’améliorer la vie des patients.

« Quand j’étais enceinte, je prenais des rendez-vous de don de sang pour mes collègues. C’est à cette période que j’ai entendu parler du besoin de cellules souches et découvert que si je donnais le sang de cordon ombilical de mon bébé, cela pouvait sauver une vie. Je savais que je ne pouvais pas donner de sang, mais je me suis renseignée sur le don de cellules souches. La personne-ressource que j’ai contactée par courriel m’a dit que j’étais admissible et m’a encouragée à présenter une demande, ce que j’ai fait. »

Comme Elaine l’a appris, les critères d’admission relatifs au don de cellules souches (ou d’organes) sont différents de ceux du don de sang.

Les mères qui accouchent dans l’un des quatre hôpitaux désignés au Canada, dont l’Hôpital et centre de santé pour femmes de la Colombie-Britannique, à Vancouver, peuvent s’inscrire pour faire don du sang de cordon ombilical de leur nouveau-né.

Le sang de cordon, c’est le sang qui reste dans le cordon ombilical et le placenta après la naissance. Les cellules souches y sont abondantes et peuvent sauver des vies. Chaque fois qu’une mère consent au don, nous pouvons prélever le sang et le stocker dans la Banque de sang de cordon de la Société canadienne du sang.

Le sang de cordon recueilli est mis à la disposition des patients qui ont besoin d’une greffe de cellules souches au Canada ou ailleurs. Il peut être utilisé pour traiter plus de 80 affections, dont la leucémie, le lymphome et l’anémie aplasique. S’il n’est pas donné, le sang qui reste dans le cordon ombilical et dans le placenta est jeté comme tout déchet médical.

Chaque jour, le Registre de donneurs de cellules souches de la Société canadienne du sang tente de trouver des donneurs pour les centaines de patients canadiens qui ont besoin d’un donneur de cellules souches non apparenté. Le don de sang de cordon peut aider à répondre à ce besoin.

Image of Charlie, Elaine’s son wearing a blue jacket and a grey tuque sitting in a baby seat

 

Elaine a donné le sang de cordon de son fils et, par bonheur, le nouveau-né a été immédiatement jumelé à un patient en attente d’une greffe. Ainsi, le 20 juin 2019, pendant qu’elle séjournait à l’Hôpital pour femmes de la Colombie-Britannique, Elaine a appris que le sang de cordon de son fils avait été attribué à un enfant européen. « Je suis restée sans voix », avoue-t-elle.

« Près de vingt mois se sont écoulés depuis et les larmes me viennent encore aux yeux quand j’en parle ou y pense. Notre fils n’avait qu’un jour et il est devenu un “héros”. Mon mari et moi sommes impatients à l’idée de ressortir un jour le bavoir de héros qu’on nous a remis et de dire à notre fils Charlie qu’il a donné un souffle de vie à une autre personne. »

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