Sélection des donneurs basée sur les pratiques sexuelles

Foire aux questions

À quelles questions sur les pratiques sexuelles les candidats au don doivent-ils répondre?

Tous les candidats au don doivent indiquer s’ils ont eu un nouveau partenaire sexuel ou plusieurs partenaires au cours des 3 mois précédant le don. S’ils répondent par l’affirmative à l’une de ces questions, ils doivent indiquer s’ils ont eu des rapports sexuels anaux avec l’un de ces partenaires.  

Si oui, ils devront attendre 3 mois après leur dernier rapport sexuel anal pour donner. Sinon, ils pourront faire un don, à condition de répondre à tous les autres critères d’admissibilité. 

Pourquoi mettre l’accent sur le sexe anal?

Statistiquement, les rapports anaux représentent un risque nettement plus élevé de transmission du VIH par acte sexuel que les rapports sexuels vaginaux ou oraux.  

Cela ne tient pas compte des pratiques sexuelles sans risque des individus, mais repose sur une approche du risque global fondée sur des preuves.  

Pourquoi demander aux donneurs s’ils ont eu des rapports sexuels anaux avec plusieurs partenaires?

Le risque d’une infection récente par le VIH qui ne peut être détectée par nos tests (délai de séroconversion de l’infection) augmente avec de nouveaux partenaires sexuels et plusieurs partenaires sexuels. 

Statistiquement, les rapports anaux représentent un risque nettement plus élevé de transmission du VIH par acte sexuel que les rapports sexuels vaginaux ou oraux. Le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels peut augmenter le risque de transmission du VIH. 

Pourquoi continuerez-vous d’exclure les personnes qui ont utilisé une PPrE ou une PPE dans les quatre derniers mois?

La prophylaxie préexposition est un traitement médicamenteux très efficace utilisé pour la prévention du VIH.    

Chez les personnes prenant un traitement prophylactique préexposition (PPrE) ou postexposition (PPE), il peut arriver que les faibles taux de VIH dans le sang ne soient pas détectés. Or, notre approche à multiples volets en matière de sécurité repose sur la fiabilité du dépistage du VIH.     

Il est nécessaire de mener des recherches supplémentaires sur l’incidence de la PPrE et de la PPE sur le dépistage du VIH. Pour le moment, les personnes qui prennent ce type de traitement prophylactique ne sont pas autorisées à faire un don dans les quatre mois suivant la dernière prise de médicament.     

Ce problème concerne les fournisseurs de sang du monde entier. Étant donné que les tests utilisés pour détecter le VIH et les autres virus sont fabriqués par des entreprises tierces, et non par la Société canadienne du sang, les travaux nécessaires pour comprendre l’incidence réelle de la PPrE et de la PPE sur les tests de dépistage du VIH ne peuvent être effectués que par les fabricants, qui détiennent les licences pour ces produits, ou en collaboration avec eux.    

La Société canadienne du sang et les autres fournisseurs de sang s’intéressent de près à des études en cours visant à évaluer l’incidence de la PPrE sur les tests. 

Pourquoi cela a-t-il été si long de mettre en place un processus de sélection des donneurs basé sur les pratiques sexuelles?

Nous savons que la lenteur des changements apportés aux critères de sélection des donneurs qui excluaient de nombreux hommes gais, bisexuels et autres HARSAH a été douloureuse et frustrante pour beaucoup. Il a fallu du temps pour recueillir les données factuelles dont nous avions besoin pour soumettre notre proposition à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités.    

Au Canada, les critères d’admissibilité au don de sang sont établis selon un cadre réglementaire strict et fondé sur des données probantes, qui met en priorité la sécurité des patients.    

Santé Canada est la seule entité apte à approuver une modification des critères de sélection des donneurs susceptible d’avoir des répercussions sur l’innocuité du sang et la sécurité des patients. Pour pouvoir demander ce changement, la Société canadienne du sang devait donc prouver qu’il ne compromettrait pas la sécurité des patients.   

En tant que fournisseur de sang, la Société canadienne du sang est responsable de réunir suffisamment de données pour appuyer les demandes de modification de ses processus qu’elle soumet à Santé Canada. Ces données comprennent les résultats d’études scientifiques ainsi que la fréquence et la configuration générale des caractéristiques et des événements liés à la santé dans la population (données épidémiologiques).    

Pour adopter les nouveaux critères et sélectionner tous les donneurs selon leurs comportements sexuels, sans égard à leur sexe, nous avions besoin de données solides. Notre demande de modification des critères reposait sur les données recueillies grâce au Programme de recherche sur les HARSAH, les conclusions de la communauté internationale de la recherche, les données épidémiologiques et nos propres modélisations exhaustives.  

Est-ce vraiment sécuritaire de changer d’approche pour se concentrer uniquement sur les pratiques sexuelles des candidats au don?

Le changement de nos critères ne compromettra ni l’innocuité des produits ni la sécurité de l’approvisionnement en sang et en plasma au Canada.     

La Société canadienne du sang a une grande responsabilité à l’égard des patients qu’elle aide à traiter. La sécurité est au cœur de toutes nos activités.     

Les donneurs qui présentent un risque élevé de contracter une infection par le VIH continueront de ne pas être admissibles au don. D’autres critères existants portent sur des facteurs de risque additionnels de contracter une infection par le VIH, et ils continueront d’être appliqués.      

Santé Canada est la seule entité apte à approuver une modification des critères de sélection des donneurs susceptible d’avoir des répercussions sur l’innocuité du sang et la sécurité des patients.     

Pour que Santé Canada, l’organisme qui nous réglemente, nous autorise à modifier nos critères d’admissibilité, nous devions lui fournir des preuves solides que ce changement ne compromettrait pas la sécurité.    

Les données que nous avons recueillies grâce au Programme de recherche sur les HARSAH, qui a été financé par Santé Canada, de même que les conclusions de la communauté internationale de la recherche, des données épidémiologiques et nos propres modélisations exhaustives des risques, appuient ce changement.     

À l’heure actuelle, le risque d’introduction du VIH dans le système d’approvisionnement en sang est extrêmement faible, et selon les données probantes que nous avons recueillies, les nouveaux critères permettront de maintenir la sécurité. 

Le sang des donneurs n’est-il pas toujours testé?

En effet, tous les dons sont analysés pour détecter les infections transmissibles par voie transfusionnelle. Toutefois, aucun test n’est parfait, et certaines infections ne peuvent être détectées de cette façon.  Par exemple, il n’existe aucun test approuvé par Santé Canada pour dépister la malaria ou le virus Zika dans le cadre de la production de sang.    

Si le système d’approvisionnement canadien est aussi sûr, c’est parce que nous combinons questionnaire de sélection des donneurs et analyse des dons de sang.    

Les tests utilisés pour analyser chaque don de sang sont limités par ce qu’on appelle la « période de latence », qui correspond à l’intervalle entre le moment où le donneur est infecté et devient contagieux et le moment où le test en laboratoire peut détecter l’infection de manière fiable.  Si l’infection par le VIH ou l’hépatite est récente, le test pourrait ne pas la détecter. Le questionnaire est donc essentiel pour identifier les donneurs ayant pu être récemment exposés à une infection par un virus comme le VIH ou celui de l’hépatite C.  

Pourquoi est-il nécessaire d’évaluer l’admissibilité des gens; pourquoi ne pas simplement laisser tout le monde donner du sang?

Les patients canadiens comptent sur nous pour assurer la saine gestion du système du sang et fournir des produits sanguins sûrs qui répondent à l’ensemble de leurs besoins. Nos pratiques de sélection visent à protéger les patients, mais aussi les donneurs. Les critères d’admissibilité, qui sont les mêmes pour tout le monde, garantissent aux patients que le sang qu’ils reçoivent provient de donneurs sains. Pour garantir la sécurité des patients dont le traitement dépend de produits sanguins, nous devons souvent prendre des décisions difficiles, basées principalement sur des facteurs de risque scientifiques, à propos des personnes autorisées ou non à donner du sang.  

Donner du sang n’est pas le seul moyen d’aider les personnes malades. Les personnes qui ne répondent pas aux critères peuvent faire un don en argent ou s’inscrire à un registre de don d’organes et de tissus ou au registre de donneurs de cellules souches, par exemple.   

J’ai participé au Programme de recherche sur le don de plasma et les HARSAH (London et Calgary). Suis-je concerné par ce changement?

Nous vous remercions d’avoir pris part à ce programme. Votre participation a non seulement aidé les patients canadiens, mais elle nous a aussi permis de réaliser ce changement de critères et de nous assurer que nous offrons aux donneurs une meilleure expérience de don. Depuis le 11 septembre 2022, la sélection des donneurs est basée sur les pratiques sexuelles, et non sur le genre ou l’orientation sexuelle des candidats au don. Par conséquent, toutes les unités de plasma faisant actuellement l’objet d’une période de retenue de 60 jours seront automatiquement envoyées à des entreprises de fractionnement pour fabriquer des médicaments spécialisés. 

Nous vous invitons à continuer à donner du plasma ou à envisager le don de sang total.  

Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent-ils faire un don d’organes ou de cellules souches?

La réglementation sur le don d’organes et le don de cellules souches est différente de celle sur le don de sang. Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent s’inscrire au registre de don d’organes de leur province. L’admissibilité aux dons d’organes et de tissus se fait en fonction de critères allant de l’état de santé général à un certain nombre de comportements à risque. Chaque cas est basé sur le consentement du patient et est évalué en consultation avec le médecin responsable. Pour en savoir plus sur le don d’organes, consultez la section Organes et tissus de notre site Web.

Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH de 17 à 35 ans peuvent s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches de la Société canadienne du sang. Tout comme pour le don d’organes, chaque cas est évalué dans l’objectif d’effectuer le meilleur jumelage donneur-receveur et le don dépend de l’avis du médecin traitant et du consentement du patient. Pour en savoir plus sur le don de cellules souches, consultez la section Cellules souches de notre site Web.

Qu’en est-il des personnes trans?

Les donneurs trans n’ont plus à indiquer s’ils ont subi une opération de réattribution sexuelle. 

Les donneurs trans peuvent également s’inscrire dans le genre auquel ils s’identifient. Néanmoins, en raison des limitations du système informatique, les donneurs non binaires doivent encore s’inscrire dans un genre binaire. 

Nous consultons les membres des communautés trans et non binaires en vue d’adapter nos processus et collaborons avec le propriétaire du logiciel d’inscription afin d’améliorer l’inscription et la sélection. 

Pourquoi ne posez-vous pas de question sur l’utilisation de préservatifs?

Bien qu’elle constitue une excellente pratique de santé sexuelle, l’utilisation de préservatifs n’est pas une méthode fondée de sélection des donneurs, puisque les préservatifs ne sont pas toujours efficaces et qu’ils peuvent se briser ou glisser. Les travaux de recherche ont également montré que les réponses aux questions sur l’utilisation de préservatifs sont moins fiables, car les souvenirs des personnes interrogées sont parfois erronés.    

Il est important de noter que nos critères actuels et les questions de sélection proposées fondées sur les comportements sexuels ne sont pas exhaustifs en ce qui concerne les pratiques sexuelles sûres, comme l’utilisation de préservatifs, qui peuvent réduire efficacement le risque de contracter le VIH.    

Notre questionnaire est conçu pour s’appliquer le plus largement possible afin d’évaluer un grand nombre de donneurs potentiels et de déterminer le risque de nouvelles expositions à certains virus durant la période de latence de nos procédures de sécurité. Il ne permet donc pas d’évaluer de manière exhaustive la sûreté des pratiques sexuelles de chaque donneur.    

J’ai entendu que s’il est indétectable chez une personne, le VIH ne peut pas être transmis. Pourquoi les personnes séropositives ne peuvent-elles pas faire de don si leur charge virale est indétectable?

Il est vraiment remarquable de constater que le traitement contre le VIH est aujourd’hui si efficace qu’il peut réduire la charge virale à un niveau indétectable.    

Cependant, une charge virale indétectable signifie que le VIH est non transmissible uniquement dans le cas d’une transmission par voie sexuelle du virus. Malheureusement, même les personnes dont la charge virale est indétectable peuvent transmettre le virus par voie transfusionnelle.    

Une unité de sang présente un plus grand risque de transmission en raison du grand volume nécessaire à une transfusion sanguine et de la quantité beaucoup plus élevée de virus présente.    

Pourquoi ne faites-vous pas de distinction entre les rapports sexuels anaux réceptifs et insertifs?

Il est vrai que les rapports sexuels anaux réceptifs présentent un plus grand risque de transmission du VIH par acte sexuel que les rapports insertifs.   

Toutefois, lorsque nous avons étudié la possibilité de demander aux donneurs s’ils avaient des rapports sexuels anaux réceptifs, nous avons constaté que le terme était mal compris et que les réponses n’étaient pas cohérentes.    

Pour assurer l’innocuité de nos produits sanguins et plasmatiques, il est crucial que les critères de sélection des donneurs soient facilement compréhensibles par tous les donneurs.    

Qu’en est-il des personnes qui ont des relations exclusives avec plusieurs partenaires ou qui pratiquent le polyamour ou la polyfidélité? Pourquoi ne sont-elles pas autorisées à faire des dons?

Nous sommes conscients que certaines personnes peuvent avoir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires qui ne sont pas nouveaux. 

Pour le moment, nous n’avons pas de données nous permettant d’établir des critères concernant les personnes ayant des relations exclusives avec plus d’un partenaire.

Quel est le rôle de Santé Canada dans la modification des critères de sélection des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH?

Santé Canada est l’organisme responsable de la réglementation des systèmes transfusionnels au Canada. Santé Canada est la seule entité apte à approuver une modification des critères de sélection des donneurs susceptible d’avoir des répercussions sur l’innocuité du sang et la sécurité des patients. Pour pouvoir soumettre une demande de modification de ces critères, la Société canadienne du sang doit prouver que le changement prévu ne compromettra pas la sécurité du système d’approvisionnement en sang.

Une fois qu’un changement est approuvé, nous sommes souvent tenus d’effectuer des études pour vérifier si le changement a des répercussions sur l’innocuité du sang. Par exemple, l’une de nos études vise à déterminer si notre questionnaire actuel sur la santé des donneurs détecte efficacement les donneurs prenant des médicaments de prophylaxie pré-exposition et post-exposition (PrEP et PEP) et si l’instauration de critères d’admissibilité fondés sur le comportement sexuel pour tous les donneurs peut avoir une incidence sur ce point. Utilisant les échantillons sanguins prélevés systématiquement lors du don, nous mesurons les niveaux de médicaments PrEP et PEP sur un sous-ensemble d’échantillons codés provenant de donneurs répondant à des critères spécifiques. Pour plus d’informations sur cette étude, veuillez composer le 1 866 JE DONNE ou écrire à feedback@blood.ca.

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Deux programmes de recherche ont fourni les données canadiennes essentielles qui viennent étayer les demandes de modification des critères d’admissibilité soumises à l’organisme responsable de la réglementation.