Résumé du projet

Contexte

Il est nécessaire d’obtenir des données probantes afin de déterminer si les systèmes d’approvisionnement en sang peuvent modifier les critères d’admissibilité ou les politiques (faisabilité opérationnelle) et de comprendre comment certains changements seraient perçus par les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HARSAH) et les autres personnes concernées. Dans le cadre de ce projet, nous avons évalué la faisabilité de critères potentiels d’admissibilité et étudié dans quelle mesure elles seraient acceptées par les donneurs. Nous nous sommes également penchés sur les possibles répercussions de ces changements sur le bassin de donneurs. Certaines stratégies exigeraient de poser des questions personnelles plus détaillées au sujet des comportements sexuels, ce qui pourrait entraîner l’exclusion de certains donneurs actuellement admissibles. Si les questions paraissent inacceptables pour certains donneurs, il existe aussi la possibilité qu’ils choisissent de ne pas faire de don ou qu’ils n’y répondent pas avec franchise.

Description

Un sondage national des donneurs a été effectué en français et en anglais. Les donneurs ont reçu un des deux questionnaires de l’étude : 1) un questionnaire servant à estimer le pourcentage de donneurs qui seraient exclus si les éventuels critères d’admissibilité étaient adoptés et 2) un questionnaire visant à déterminer le pourcentage de donneurs qui trouvent certaines questions inacceptables. Les donneurs qui ont répondu au deuxième questionnaire devaient préciser s’ils accepteraient d’être interrogés individuellement par téléphone sur la façon dont ils perçoivent les critères d’admissibilité et sur leur ressenti par rapport aux questions portant sur les risques sexuels. Les donneurs étaient invités à participer aux entrevues si au moins une question les mettait mal à l’aise et s’ils répondaient à des quotas prédéfinis d’âge, de sexe et de groupe ethnique.

Résultats

Au total, 31 904 donneurs ont répondu au premier questionnaire et 30 278 donneurs ont répondu au deuxième questionnaire. Le taux de réponse était élevé, avec 87 % de répondants. Des entrevues de suivi (n = 294) ont été menées, et les réponses ont été codées par thème. Le pourcentage de donneurs ayant répondu « oui » à au moins une question utilisée dans d’autres pays (nombre de partenaires, nouveau partenaire ou relation non exclusive) allait de 3,4 % à 6,7 %, et jusqu’à 10 % environ lorsqu’on les combinait. Le pourcentage de donneurs présentant une combinaison de comportements était plus élevé chez les jeunes donneurs (plus de 35 %) et diminuait avec l’âge. Plus de la moitié des donneurs ont répondu « oui » à certaines questions utilisées dans des enquêtes démographiques, comme le fait de ne pas utiliser de préservatif. Les questions suscitant le plus de gêne portaient sur des actes sexuels précis (sexe anal et sexe oral). Parmi les répondants, 6,5 % étaient gênés qu’on leur pose des questions sur un nouveau partenaire sexuel ou qu’on leur demande si leur relation était exclusive, mais ce pourcentage passait à 17,2 % lorsqu’il était question de sexe anal. Les donneurs étaient surtout préoccupés par le fait que les questions étaient trop personnelles, que leur pertinence n’était pas claire et qu’elles rendraient le processus de sélection plus long ou plus complexe. En général, les répondants étaient surtout gênés par le manque de clarté quant à la pertinence des questions, mais pour la question sur le sexe anal, leur préoccupation principale était que le sujet était trop personnel. Très peu de donneurs ont indiqué que les questions auraient une incidence sur leur décision de donner.

Applications

On considère généralement qu’une perte de 3 % des donneurs est proche du maximum pouvant être récupéré par des activités de recrutement et une augmentation de la fréquence de don. Il est clair que si certaines combinaisons de ces questions étaient utilisées au lieu de l’actuelle question sur les HARSAH, il pourrait y avoir des répercussions importantes sur les collectes. C’est particulièrement vrai pour le recrutement et la rétention des jeunes donneurs. Les donneurs sont assez à l’aise si on leur pose des questions sur leurs partenaires, mais pas sur des pratiques sexuelles particulières, comme le sexe anal. Toutefois, si certaines de ces questions étaient utilisées, il serait judicieux de mettre en place un plan de communication expliquant aux donneurs pourquoi on leur pose ces questions.

Lacunes

Cette étude met l’accent sur la portée d’autres questions potentielles sur les collectes de sang et sur le degré de gêne des donneurs à qui l’on pose ces questions. Toute proposition de mise en œuvre nécessiterait également une évaluation de la mesure dans laquelle ces questions permettent vraiment d’estimer les risques. Des travaux de recherche sont également nécessaires pour déterminer à quel point les donneurs répondent honnêtement à ces questions.

Publications et ressources

O’Brien SF et al. 2021. Donor screening question alternatives to MSM time deferral: Potential impact on donor deferral and discomfort. Transfusion 2021; 61:95-101. DOI: 10.1111/trf.16165.
Article available free online 

Comprendre l’acceptabilité


Daniel Grace, professeur de sociologie à l’Université de Toronto, a étudié l’acceptabilité des critères d’admissibilité au don de sang actuels, ainsi que d’autres critères, chez les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH.

Projet terminé et publié

Acceptabilité et faisabilité concernant le don de plasma


Joanne Otis, professeure en éducation à la santé à l’Université de Montréal, a étudié l’acceptabilité et la faisabilité du don de plasma d’aphérèse chez les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH. 

Projet terminé et publié.

Comprendre les répercussions liées à une modification des critères d’admissibilité pour les donneurs, les receveurs et autres parties intéressées


Nathan Lachowsky, professeur adjoint à l’Université de Victoria, évalue le degré d’acceptabilité de la modification potentielle des critères d’admissibilité par la population générale, les receveurs et les autres utilisateurs de produits sanguins. 

Projet en cours.