Hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH)

Les hommes peuvent donner du sang si leur dernier contact sexuel avec un autre homme remonte à plus de 3 mois.  

La Société canadienne du sang souhaiterait pouvoir abolir la période d’attente des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HARSAH) et appliquer des critères de sélection basés sur le comportement sexuel à tous les candidats au don. Nous prévoyons donc envoyer à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités, une demande en ce sens d’ici la fin de 2021.

 

 

 

Foire aux questions

Quelle est la politique du Canada concernant les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH?

Depuis le 3 juin 2019, les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent donner du sang s’il s’est écoulé au moins 3 mois depuis leur dernier contact sexuel avec un autre homme et qu’ils répondent aux autres critères d’admissibilité.   

La Société canadienne du sang souhaiterait pouvoir abolir la période d’attente des hommes gais, bisexuels et autres hommes HARSAH et appliquer des critères de sélection basés sur le comportement sexuel à tous les candidats au don. Nous prévoyons donc envoyer à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités, une demande en ce sens d’ici la fin de 2021. 

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que la période d’attente imposée aux hommes gais, bisexuels et autres HARSAH n’est pas basée sur la science?

Peu de critères d’admissibilité des donneurs sèment autant la controverse que celui concernant les hommes gais, bisexuels et autres hommes HARSAH. Nous en sommes conscients et nous comprenons que les individus ou groupes non admissibles puissent se sentir personnellement attaqués. Loin de nous l’intention de viser qui que ce soit. Nous compatissons avec tous ceux et celles qui, pour toutes sortes de raisons, ne peuvent pas donner de sang. S’il est important pour nous d’être le moins restrictifs possible dans nos critères, il l’est tout autant de fournir du sang qui ne pose aucun risque pour les patients. Nous devons réduire au maximum le risque que du sang transfusé infecte une personne dont la santé est déjà vulnérable. 

Les critères utilisés pour déterminer l’admissibilité des donneurs font partie d’un système à volets multiples basé sur des données scientifiques. 

L’un de ces volets consiste en l’évaluation de l’état de santé de chaque donneur. L’évaluation comporte un questionnaire très détaillé auquel les donneurs doivent répondre pour leur sécurité et celle du patient qui recevra leur sang. Malgré cette évaluation et 1) un respect strict des tests de dépistage des agents pathogènes connus, 2) une surveillance constante des nouveaux agents pathogènes et 3) l’intégration des dernières innovations en matière de dépistage et de détection, il est impossible de prévoir la mutation des agents pathogènes ni les autres risques encore inconnus.

À mesure que nous recueillons de nouvelles données, nous les intégrons à un corpus de recherche pour appuyer nos recommandations et nos décisions en ce qui concerne toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement, depuis les critères d’admissibilité au don jusqu’au transport des unités de sang en passant par les méthodes de prélèvement, le matériel et l’entreposage. Au bout du compte, qu’il s’agisse de transfusion ou de changements aux critères d’admissibilité des donneurs, ce sont les patients qui portent tout le poids des risques et des conséquences.

Pourquoi le Canada n’applique-t-il pas les mêmes critères d’admissibilité que d’autres pays?

La décision du Canada d’adopter la période d’attente actuelle est fondée sur plusieurs facteurs, entre autres le fait que le contexte canadien diffère de celui d’autres pays, le Canada ayant ses propres considérations en ce qui concerne l’admissibilité des donneurs et de diverses catégories de population. 

Aussi, le schéma de contamination, les causes et les effets du virus du sida varient d’un pays à l’autre et il n’y a aucun consensus scientifique international sur la période optimale de non-admissibilité des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH. Dans certains pays européens, la période de non-admissibilité est toujours indéfinie, alors que dans d’autres, comme les États-Unis et l’Australie, elle a été réduite à un an. En Espagne et en Italie, où les systèmes du sang sont différents de celui du Canada, certains centres de donneurs ont adopté une nouvelle approche et vérifient plutôt si le donneur a des relations sexuelles monogames ou sans risque. Les donneurs sont vus par des médecins, qui peuvent évaluer l’état de santé de chaque donneur. Il est toutefois important de noter que dans ces pays, le taux de donneurs obtenant un résultat positif au test de dépistage du VIH est plus de 10 fois supérieur à celui du Canada. 

Le sang des donneurs n’est-il pas toujours testé?

En effet, le sang de tous les donneurs est soumis à des tests de dépistage de maladies infectieuses, comme le sida et les hépatites B et C. Cependant, il existe une brève période juste après l’infection pendant laquelle le virus du sida est indétectable, et ce, malgré l’efficacité de nos tests. Si un donneur venait à faire un don pendant cette période dite de latence sérologique, les tests ne pourraient pas détecter la présence du virus, qui risquerait alors d’être transmis au patient.    

Nous avons un système de protection qui comprend plusieurs volets : 1) un respect strict des tests de dépistage des agents pathogènes connus, 2) une surveillance constante des nouveaux agents pathogènes et 3) l’intégration des dernières innovations en matière de dépistage et de détection. Malgré cela, il est impossible de prévoir la mutation des agents pathogènes ni les autres risques encore inconnus. À mesure que nous recueillons de nouvelles données, nous les intégrons à un corpus de recherche pour appuyer nos recommandations et nos décisions en ce qui concerne toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement, depuis les critères d’admissibilité au don jusqu’au transport des unités de sang en passant par les méthodes de prélèvement, le matériel et l’entreposage. Au bout du compte, qu’il s’agisse de transfusion ou de changements aux critères d’admissibilité des donneurs, ce sont les patients qui portent tout le poids des risques et des conséquences.   

Quelle est la prochaine étape?

Notre objectif est d’abolir la période d’attente actuelle imposée aux hommes gais, bisexuels et autres HARSAH et de baser nos critères d’admissibilité sur le comportement sexuel de tous. Nous espérons pouvoir demander ce changement à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités, d’ici fin 2021. 

Nos critères d’admissibilité visent à protéger les réserves de sang tout en étant le moins restrictifs possible. Nous pensons avoir maintenant réuni les données nécessaires pour pouvoir soumettre à Santé Canada, l’organisme responsable de la régulation de nos activités, une demande de modification de nos critères d’admissibilité qui préserve la sécurité du système transfusionnel. 

Pourquoi ne peut-on simplement adopter les politiques de pays comme l’Espagne ou l’Italie au lieu de faire nos propres recherches?

Parce que le schéma de contamination, les causes et les effets du VIH varient d’un pays à l’autre. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de consensus scientifique international sur les critères d’admissibilité optimaux pour les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH. Dans certains pays européens, les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH sont exclus du don de sang à vie. Aux États-Unis et en Australie, ils doivent respecter une certaine période d’attente, comme c’est le cas actuellement au Canada. Et dans d’autres pays, comme l’Espagne et l’Italie, certains centres de collecte orientent les questions sur les comportements sexuels monogames ou sans risque. Néanmoins, leur système d’approvisionnement en sang est différent du nôtre : dans ces pays, c’est un médecin qui interroge les candidats au don et qui évalue leur état de santé et le taux de séropositivité des donneurs y est plus de 10 fois supérieur à celui des donneurs canadiens.

Le modèle de sélection que nous proposerons à Santé Canada est basé sur une approche différente, proche de celle utilisée au Royaume-Uni. Ce modèle est fondé sur les données que nous avons pu recueillir grâce à notre Programme de subventions de recherche sur les HARSAH, sur celles recueillies par d’autres chercheurs dans le monde, sur des données épidémiologiques et sur un certain nombre de modélisations que nous avons réalisées. La sécurité et l’innocuité de l’approvisionnement en sang étant primordiales pour nous, nous avons réussi à recueillir suffisamment de données pour nous assurer qu’elles ne seront pas compromises par ce modèle de sélection.

Pourquoi est-il nécessaire d’évaluer l’admissibilité des gens; pourquoi ne pas simplement laisser tout le monde donner du sang?

Les patients canadiens comptent sur nous pour assurer la saine gestion du système du sang et fournir des produits sanguins sûrs qui répondent à l’ensemble de leurs besoins. Nos pratiques de sélection visent à protéger les patients, mais aussi les donneurs. Les critères d’admissibilité, qui sont les mêmes pour tout le monde, garantissent aux patients que le sang qu’ils reçoivent provient de donneurs sains. Pour garantir la sécurité des patients dont le traitement dépend de produits sanguins, nous devons souvent prendre des décisions difficiles, basées principalement sur des facteurs de risque scientifiques, à propos des personnes autorisées ou non à donner du sang. 

Donner du sang n’est pas le seul moyen d’aider les personnes malades. Les personnes qui ne répondent pas aux critères peuvent faire un don en argent ou s’inscrire à un registre de don d’organes et de tissus ou au registre de donneurs de cellules souches, par exemple. 

Dans quels cas les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent-ils donner du sang? 

Présentement, à condition qu’ils répondent aux autres critères de sélection au moment du don, les hommes peuvent donner du sang si leur dernier contact sexuel (anal ou oral) avec un autre homme remonte à plus de 3 mois. De plus, les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH qui résident dans la région de Vancouver peuvent donner du sang pour la recherche dans notre centre de recherche appliquée, le netCAD.  

Quel est l’historique de la politique canadienne sur l’admissibilité des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH?

Au début des années 80, alors que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes représentaient un groupe particulièrement à risque d’infection et que le virus du sida n’avait pas encore été identifié, les États-Unis ont instauré une période d’exclusion à vie pour tout homme ayant eu ne serait-ce qu’un rapport sexuel avec un autre homme après 1977. Seule responsable des réserves de sang du Canada à l’époque, la Société canadienne de la Croix-Rouge a emboîté le pas. En juillet 2013, la Société canadienne du sang et Héma-Québec ont réduit la période de non-admissibilité à cinq ans après le dernier rapport sexuel avec un autre homme. Bien qu’il n’ait profité qu’à un petit nombre, ce changement représentait tout de même un tournant, puisqu’au Canada, ces critères d’admissibilité n’avaient pas été modifiés depuis leur instauration, il y a plus de 35 ans. Les changements apportés découlaient d’une étude approfondie de données scientifiques et épidémiologiques d’une part et, d’autre part, de la consultation des parties directement concernées, dont des groupes de patients ayant besoin de grandes quantités de sang et de produits sanguins, et des membres des communautés LGBTQ2+. 

Pourquoi ne pas orienter les questions sur les comportements sexuels monogames ou sans risque plutôt que d’exclure pendant 3 mois tous les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH?

La Société canadienne du sang souhaiterait pouvoir abolir la période d’attente des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH et appliquer des critères de sélection basés sur le comportement sexuel à tous les candidats au don. À l’automne 2021, nous prévoyons donc envoyer à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités, une demande en ce sens qui proposera d’évaluer tous les candidats au don en fonction des risques associés à leurs comportements sexuels indépendamment de leur genre et de leurs partenaires sexuels.

Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent-ils faire un don d’organes ou de cellules souches?

La réglementation sur le don d’organes et le don de cellules souches est différente de celle sur le don de sang. Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent s’inscrire au registre de don d’organes de leur province. Au décès, ou lorsque la mort est imminente, l’admissibilité du donneur potentiel est évaluée à partir d’un questionnaire médico-social standard. Chaque cas est basé sur le consentement du patient et est évalué en consultation avec le médecin responsable. Pour en savoir plus sur le don d’organes, consultez la section Organes et tissus de notre site Web.

Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH de 17 à 35 ans peuvent s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches de la Société canadienne du sang. Tout comme pour le don d’organes, chaque cas est évalué dans l’objectif d’effectuer le meilleur jumelage donneur-receveur et le don dépend de l’avis du médecin traitant et du consentement du patient. Pour en savoir plus sur le don de cellules souches, consultez la section Cellules souches de notre site Web. 

Est-ce que les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent donner du plasma par aphérèse?

Les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH peuvent donner du plasma source (par aphérèse) dans nos centres de Calgary (Alberta) et de London (Ontario) s’ils n’ont pas eu de nouveau partenaire sexuel dans les 3 mois qui précèdent, si leur partenaire n’a eu aucun contact sexuel avec d’autres hommes et s’ils répondent aux autres critères de sélection. En savoir plus sur le don de plasma pour les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH.

Est-ce qu’une femme qui a eu un rapport sexuel avec un homme gai, bisexuel ou autre HARSAH peut donner du sang?

Si une femme a eu un rapport sexuel avec un homme qui, lui, a eu un rapport sexuel avec un autre homme au cours de la dernière année, elle doit attendre 3 mois avant de donner du sang. 

Pourquoi les mêmes critères ne s’appliquent-ils pas aux femmes qui ont des relations sexuelles avec d’autres femmes?

Les femmes qui ont eu des rapports sexuels avec d’autres femmes ne présentent pas de risque élevé d’infection au VIH. C’est pourquoi elles peuvent donner leur sang sans attendre, dès lors qu’elles satisfont à tous les autres critères. 

Qu’en est-il des personnes trans?

Les personnes trans doivent répondre au questionnaire pré-don en fonction de leur sexe anatomique (organes génitaux) au moment du don. Les personnes trans qui n’ont pas subi d’opération de réattribution sexuelle doivent répondre à des questions liées à leur sexe anatomique à la naissance et sont évaluées en fonction de ce critère. Tandis que les personnes trans qui ont subi une opération de réattribution sexuelle doivent attendre 3 mois après leur opération pour être évaluées en fonction de leur nouveau genre. Passé ce délai, elles seront évaluées selon leur nouvelle identité de genre.

Nous souhaiterions pouvoir évaluer les personnes trans sans avoir à constamment leur poser des questions sur leurs organes génitaux, car nous savons que cela peut être contrariant. Nous soumettrons prochainement une demande à Santé Canada qui nous permettra de changer notre modèle de sélection des personnes trans.

Quel a été le rôle de Santé Canada dans la modification des critères de sélection des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH?

Santé Canada est l’organisme responsable de la réglementation des systèmes transfusionnels au Canada. Santé Canada est la seule entité apte à approuver une modification des critères de sélection des donneurs susceptible d’avoir des répercussions sur l’innocuité du sang et des produits sanguins, et la sécurité des patients. Pour pouvoir soumettre une demande de modification de ces critères, la Société canadienne du sang doit prouver que le changement prévu ne compromettra pas la sécurité du système d’approvisionnement en sang.

Est-ce qu’il est légal de refuser à quelqu’un de donner du sang? Donner du sang n’est-il pas un droit?

En 2010, la Cour supérieure de l’Ontario a établi que le don de sang est un cadeau, non un droit, et que les critères d’admissibilité de la Société canadienne du sang pour les hommes gais, bisexuels et autres HARSAH ne sont pas des critères discriminatoires basés sur l’orientation sexuelle; ce sont des critères basés sur des données épidémiologiques et des questions de sécurité. Nous comprenons que ces critères puissent être difficiles à accepter et insistons sur le fait que l’objectif de cette politique n’est pas de donner une image négative des personnes concernées.

Évolution des critères d’admissibilité des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH


Nous nous préparons à demander à Santé Canada, l’organisme qui réglemente nos activités, l’autorisation d’abolir la période d’attente imposée aux hommes gais, bisexuels et autres HARSAH. Apprenez-en plus sur notre historique en matière de sélection des hommes gais, bisexuels et autres HARSAH, ce que nous faisons et ce que nous prévoyons faire.

Rapport intérimaire de synthèse des connaissances


At a forum last fall, researchers funded by the MSM Research Program presented their interim results and engaged in open dialogue with attendees on their potential impact.

Dialogue avec intervenants 2018 - Rapport de synthèse


Disponible en anglais seulement

Programme de subventions de recherche sur les HARSAH


Deuxième ronde de financement de projets dans le cadre du Programme de subventions de recherche sur les HARSAH.

Lettres de soutien


Lettres de soutien reçues à l’occasion de la demande d’autorisation à Santé Canada de réduire la période de non-admissibilité des HARSAH 

Éléments clés


Éléments clés sur les critères d’admissibilité des HARSAH

Plus de ressources pour les médias sur les HARSAH


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